Après la fondation de la paroisse en 1801, les citoyens doivent attendre quatre ans avant que des services scolaires puissent être offerts leurs enfants.

Marché public 1895 (2)

Le marché public (photographie de 1895) était situé sur le site de l’actuel Hôtel de Ville (au 682 rue Saint-Charles). Une école y avait place au deuxième étage.

À son arrivée en 1805, Joseph Signay, premier curé résident de la paroisse Sainte-Marie, loue une maison et ouvre la première école sous la direction de Paul Labadie, époux de Thérèse Langlois.  Elle est maintenue péniblement jusqu’en 1829 puis doit fermer ses portes temporairement.

Jusqu’à l’implantation du couvent et du collège en 1853, l’école de 1805 demeure la seule du niveau primaire.

école de rang
École Ruisseau-Barré

Ces institutions étaient trop éloignées pour les enfants de la campagne, on décide de construire une dizaine de petites écoles de rang qui demeurent ouvertes pendant près de cent ans (1872-1963).

C’est vers l’année 1829 que la fabrique décide de prendre l’école sous sa charge.  On construit à cette fin une maison sur un terrain appartenant à la fabrique.  Le coût total s’élève à 800 $;  le gouvernement participe pour une somme de 240 $ et la fabrique assume la balance.  Cette école est maintenue tant bien que mal jusqu’en 1853.  Les filles et les garçons y sont séparés.  L’institutrice et l’instituteur reçoivent chacun un salaire égal de 140 $ par année.

L’année 1853 est marquée par la construction du premier couvent, pour les filles, et par la fondation du Petit Séminaire, pour les garçons.


Le Couvent de la Présentation de Marie

Le 7 juillet 1848, le curé Henri-Liboire Girouard écrit à l’évêque de Montréal que, après plusieurs années de réflexion, il est maintenant décidé à fonder un couvent pour l’éducation des jeunes de sa paroisse.

Le 7 novembre suivant, il achète en son propre nom une propriété avec maison adjacente au terrain de la fabrique; détenue par le docteur Pierre Davignon et ayant appartenue au docteur Rémi-Séraphin Bourdages, nous l’appellerons la maison Bourdages-Davignon.

Le premier couvent est d’abord installé dans la maison de Séraphin Bourdages appartenant alors au curé Girouard;  c’est l’abbé Crevier qui en fait l’acquisition.

1er couvent
Premier couvent

La première construction de 1853 est en pierre des champs;  elle mesure 50 pieds de longs et comprend deux étages.  Dès l’année suivant, elle accueille 36 pensionnaires, 60 externes et 23 dîneurs.

En novembre 1851, Monseigneur Jean-Charles Prince rencontre la supérieure des sœurs de la Présentation de Marie à Bourg-Saint-Andéol, petite ville du diocèse de Viviers, en France. Il lui fait part de son projet de doter son diocèse de Saint-Hyacinthe d’une communauté religieuse pour l’instruction des jeunes filles et demande à cette congrégation d’envoyer quelques sœurs pour fonder des maisons dans son diocèse; sa proposition reçoit un accueil favorable.

Le 27 janvier 1853, la maison Bourdages-Davignon est achetée par Monseigneur Prince. Au cours de l’été qui suit, elle est réparée et agrandie par le nouveau curé, Édouard Crevier, afin d’y aménager un logement convenable pour les sœurs Françaises et de l’adapter aux besoins d’éducation de la jeunesse; ce curé d’une grande générosité taille et garni de ses propres mains les six paillasses destinées aux futures religieuses et, après leur arrivée, il leur fournira des provisions (lard, pois, pommes de terres, beurre, bois de chauffage), deux vaches laitières et de l’aide financière sollicitée pour elles à son propre frère. En cette même année, les paroissiens consentent à céder un coin de terre appartenant à la fabrique pour agrandir la cours de récréation.

Cette maison deviendra plus tard le premier pied-à-terre des sœurs de la Présentation de Marie à leur arrivée au pays.

couvent
Couvent de la présentation de Marie

En 1880, on commence la construction d’une bâtisse en brique mesurant 90 pieds de long sur 45 piedsde large. On démolit alors la première maison dont les pierres sont utilisées pour les fondations du nouveau couvent. L’édifice est bénit à l’été 1881 par Monseigneur Moreau. Toutefois, les travaux non complétés rendent la vie difficile pour les résidentes jusqu’à l’installation définitive à la mi-novembre. De beaux arbres sont ensuite plantés pour ombrager le parterre.  En 1886, on construit une nouvelle partie qui comprend la salle d’étude, le petit-pensionnat et les salles de musique.

En octobre 1903, on remplace le système de pompes à eau par des robinets à tous les étages. En août 1904, la première ampoule électrique s’allume au couvent.

Le 21 mai 1931, le curé Houle bénit l’orgue aux mille voix, don généreux de monsieur Claver Casavant, propriétaire des Usines d’Orgues de Saint-Hyacinthe et père de sœur Saint-François-de-Sales, maîtresse de musique et de chant.

En mars 1949, après une entente avec les commissaires d’écoles, on débute la construction de l’école qui portera le nom de Notre-Dame-de-Fatima;  l’institution comprend 12 classes et une salle de réception communique avec le bâtiment déjà existant. Cette nouvelle école sera agrandie en 1956. En 1963, on ajoute une aile pour loger des pensionnaires ainsi qu’une cuisine et un réfectoire au rez-de-chaussée.

Ce précieux joyau du patrimoine marievillois est malheureusement détruit par un incendie le 24 juin 2002. Cette catastrophe laisse sans logis une douzaine de religieuses qui y résidaient encore. La communauté ne rebâtit pas et le terrain est vendu en vue d’y construire une résidence pour personnes âgées.

En plus des religieuses qui y sont passées, un grand nombre de jeunes filles marievilloises et de pensionnaires provenant de l’extérieur ont vécu des moments mémorables et reçu une éducation hors pair dans cette institution; les sœurs ont su transmettre des connaissances et inculquer des valeurs à celles qui sont devenues des femmes et ont laissé leurs marques dans notre société.

Comme le disait l’historien Rodolphe Fournier « Comment ne pas garder le meilleur souvenir de ce couvent et des Sœurs qui s’y dévouaient ? ».


Le Petit séminaire

Le Petit Séminaire est fondé par l’abbé Crevier qui achète à cette fin une résidence privée.  Dès la première année, on y accueille 25 pensionnaires.

De 1853 à 1867, M. Crevier vit grandir et s’affermir son œuvre. Un an après l’ouverture du Collège, il avait entrepris des démarches en vue d’obtenir l’incorporation civile. Celle-ci lui fut accordée le 3 avril 1855. La nouvelle corporation portait le nom de « La corporation du Collège de Monnoir » et se composait  « du prêtre et du curé de la dite paroisse de Sainte-Marie-de-Monnoir, du marguillier en exercice de l’œuvre et fabrique de l’église de la susdite paroisse, du principal et du procureur du dit collège, du préfet des études, et de leurs successeurs en office ».

Le Collège de Sainte-Marie-de-Monnoir se trouvait donc, à cause des membres qui en composaient la corporation, le curé, le vicaire et le marguillier en exercice, étroitement  lié à la paroisse.

Le grand rêve de M. Crevier était de voir un jour son Collège reconnu comme Petit Séminaire. En 1867, M. Crevier et les prêtres du Collège crurent ce moment arrivé. Ils écrivirent donc à l’évêque, Msr Charles LaRocque, pour lui demander de bien vouloir ériger canoniquement le Collège Sainte-Marie-de-Monnoir en Petit Séminaire. Ce que Msr Charles LaRocque fit en publiant un mandement le 15 septembre 1867.

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Petit séminaire et parc Crevier

Au début des années 1870. devant l’augmentation toujours croissante des inscriptions, les autorités sentirent le besoin d’agrandir le Collège. C’est ainsi qu’en 1873, les membres de la Corporation avaient décidé l’agrandissement du Petit Séminaire. À l’automne de 1875, alors que le Petit Séminaire comptait 206 étudiants, soit une augmentation de 10% par rapport à l’année précédente, les membres de la Corporation décidèrent de demander à Msr Louis Zéphirin Moreau, nouvel évêque-élu de Saint-Hyacinthe depuis le 19 novembre 1875, les permissions nécessaires. Pour aider à défrayer les coûts de cet  agrandissement, la Fabrique de Sainte-Marie-de-Monnoir s’engagea, le 9 janvier 1876, à verser un don de $2,000.00 à la Corporation du Petit Séminaire.

De 1884 à 1894, le Collège Sainte-Marie-de-Monnoir connut la période la plus florissante de son histoire. Sa renommée s’étendit partout et le nombre de ses étudiants ne cessait d’augmenter : au milieu des années 1890, le nombre total des inscriptions atteignait presque 250, et de ce nombre 33% étaient d’origine américaine. C’est également durant cette période que le Petit Séminaire de Sainte-Marie-de-Monnoir demanda officiellement son affiliation à l’Université Laval, le 25 décembre 1879.

En 1886, le Collège dut agrandir ses locaux de façon assez considérable si l’on considère que le coût des travaux s’éleva à $26,000.00.

ruines du collège 1907Le 23 février 1907, le Petit Séminaire était la proie des flammes: il fut détruit de fond en comble. C’est vers 10h30 du matin que le « feu se déclara dans les dortoirs par une cheminée défectueuse, que la cuisine avait surchauffée. Vers 3h00 de l’après-midi, tout était terminé : le Petit Séminaire de Sainte-Marie-de-Monnoir qui existait depuis plus de 50 ans, n’était plus que des ruines. La nouvelle du malheur qui venait de frapper le Collège se répandit rapidement. Classe petit SéminaireLes prêtres de Monnoir reçurent de nombreux témoignages de sympathie. Au moment de l’incendie, le Petit Séminaire abritait plus de 280 personnes : 242 étudiants, 20 prêtres séculiers, 15 religieuses de la Sainte-Famille de Sherbrooke et 11 frères de Saint-Gabriel.


La municipalité scolaire de Marieville et l’Académie Crevier

La municipalité scolaire de Marieville est fondée en 1902. Les filles recevaient leurs cours au sous-sol du couvent et les garçons au Séminaire sous la supervision des Frères de Saint-Gabriel. Suite à l’incendie de cette institution, les Soeurs de la Présentation enseignèrent aussi aux garçons dans le vieux marché localisé sur le site de l’actuel Hôtel de ville.

académie marieville crevier
L’Académie Crevier

La construction de l’Académie Crevier, entre 1915 et 1917 (photographie bâtiment original donnant sur le parc Edouard-Crevier), marque l’arrivée des Frères du Sacré-coeur, qui enseignent aux garçons jusqu’à la neuvième année.

Signification du blason de l’école Crevier

Blason école Crevier

Des informations plus détaillées sont disponibles auprès de la Société d'histoire de la Seigneurie de Monnoir.