Marievilleqc

Marieville en tête

Services publics

En 1870, le premier code municipal est adopté par l’Assemblée nationale du Québec. Les municipalités demeurent responsables de leur voirie locale et de leur approvisionnement en eau potable. Elles obtiennent aussi le pouvoir de promouvoir la mise en place d’infrastructures contribuant à la santé et au mieux-être de la population.

rue chambly (trott.bois)
rue Chambly direction Est

Ces nouvelles responsabilités se traduisent à Sainte-Marie par l’adoption de mesures visant à assurer une bonne qualité de vie aux citoyens. Le contrôle des nuisances publiques oblige les gens à nettoyer leur cour, leur fossé et leur mare d’eau. C’est que le dernier tiers du XIXe siècle va être profondément marqué par des épidémies de variole (1872, 1875 et 1885). La recherche scientifique commence à comprendre le principe de propagation et de transmission des maladies contagieuses. On tente donc d’enrayer les foyers d’incubation. Ces mesures d’hygiène expliquent le pouvoir de créer des espaces publics où tout citoyen a un lieu où respirer et se prélasser. C’est dans ce contexte que naît au village, en 1888, le parc où trône encore aujourd’hui le monument Crevier. 

petit séminaire 1887
Petit séminaire et parc Crevier 1887

La mise en place d’un réseau d’égouts et d’aqueduc cherche à atteindre ce même objectif de prévention sanitaire. Quand à l’eau potable de bonne qualité, les habitants doivent faire creuser des puits plutôt que de s’approvisionner dans les rivières. De plus, sa rareté à Sainte-Marie freine le développement économique et entraîne des préjudices financiers importants lorsque des incendies se déclarent.

Le problème est si criant que c’est un industriel du village, le Dr Jacques Franchère, qui met en place le premier système d’aqueduc : « S’approvisionnant aux sources captées par la montagne de Rougemont, au lac des Pères, cet aqueduc de bois d’épinette rouge courait sur 25 milles ». Plus tard le conseil de ville . M. Franchère n’avait pas construit un tel service pour rien car il avait grand besoin d’eau pour sa manufacture de chapeaux de paille.

La municipalisation de l’aqueduc débuta le 5 avril 1897 par la prise de contrôle de ses comptes et l’achat se finalisa par le règlement no. 105 le 26 novembre 1901. Le problème d’approvisionnement en eau étant récurrent, la Corporation décide carrément d’acheter l’aqueduc existant et ordonne la construction d’un nouvel aqueduc avec tuyaux de fonte. Elle emprunte 44 000$ pour le payer et émet des obligations comme à son habitude. La municipalité fera construire trois réservoirs judicieusement répartis en milieu urbain pour qu’on y puise rapidement de l’eau en cas de feu. Entre 1911 et 1913, le conseil  adoptera le règlement no. 31 autorisant une émission d’obligations au montant de 20 000$ pour pourvoir à un système d’égouts et d’éclairage dans la ville de Marieville. Le système d’égouts sera installé en trois ans selon les plans dressés par des ingénieurs civils, un quartier par année.

Il en sera ainsi jusqu’à la construction de l’usine de filtration d’eau de Carignan (sur le bord de la rivière Richelieu) en 1960, et finalement la constitution de la Société d’exploitation de la centrale de traitement d’eau Chambly-Marieville-Richelieu (SECTEAU) le 22 juin 1979.

Le lac des Pères est désormais protégé à perpétuité. Le plan d’eau, toujours propriété de la Ville de Marieville, fait maintenant l’objet d’une servitude de conservation et de non-construction en faveur de l’organisme Nature-Action Québec. Il couvre à lui seul une superficie de 3,5 hectares, mais le site visé par l’entente fait un peu plus de 9 hectares. On y trouve une grande variété de végétaux, d’animaux et d’oiseaux, ainsi que des milieux humides. 

Lac des Pères Rougemont

–Notez que les textes utilisés ici réfèrent directement à ceux apparaissant dans l’Album du 200ème anniversaire de la paroisse Sainte-Marie-de-Monnoir.

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